"Ce n'est pas un choix: d'abord, nous avons perdu les élections. Ensuite, bien que nous voulions nous montrer constructifs et parler avec tout le monde, notre priorité va à un programme social avec des thèmes qui vont droit au cœur des gens: le pouvoir d'achat, le prix de l'énergie, les allocations familiales, les pensions, la sécurité sociale."Deze week verschijnt een uitgebreid interview met me in télémoustique. Je kan hier alvast een stukje meelezen.

"Nous n'avons pas retrouvé cet esprit social dans les discussions de ces derniers mois, plutôt axées sur le communautaire. Ce n'est qu'à une dizaine de jours de la formation du gouvernement définitif que le socio-économique est arrivé sur la table. En outre, nous avons subi le veto de partis conservateurs flamands comme le VLD qui ne souhaitent pas un gouvernement progressiste. Finalement, nous sommes contents de ne pas monter au fédéral, parce que nous n'allons pas rater grand chose."

Pourtant, la participation du PS devrait donner une accent de gauche à la future majorité.
"Pour nous, cela ne change rien. Nous avons les mêmes préoccupations que le PS mais pas la même stratégie politique. Le Parti socialiste a obtenu 30% des voix et 20 sièges à la Chambre et nous, 14 députés et 15% aux élections. Toujours facteurs dominants en Wallonie, les socialistes francophones veulent être présents au gouvernement fédéral. Je les comprends: il leur faut empêcher Didier Reynders de détruire leurs efforts au niveau régional. Nous, au SP.A, nous n'avons pas les mêmes préoccupations avec le VLD et le CD&V. Ce dernier est toujours pris en otage par la N-VA. Quant au VLD, il devient de plus en plus un parti de droite qui redoute la Lijst De Decker. Moi, je ne veux pas participer à la rhétorique politique de ces derniers mois qui consistent à se monter les uns contre les autres: les allochtones contre les autochtones, les Wallons contre les Flamands."

Sur la réforme de l'Etat, qu'est-ce qui vous distingue du VLD et du CD&V?
"Nous, nous n'usons ni de symboles, ni de grandes rhétoriques. Nous sommes un parti rationnel qui examine les questions communautaires selon trois critères: il faut maintenir la solidarité, voir si la régionalisation et la refédéralisation de certaines compétences apportent plus de cohérence et s'assurer que les régions et les communautés dialoguent. Moi, je ne crois ni en un retour à la Belgique à papa, ni en une Flandre conservatrice."

Que faut-il faire, selon vous, d'un symbole comme BHV?
"Un jour ou l'autre, il faudra scinder cet arrondissement électoral. Je comprends bien que cela pose problème à Didier Reynders et au FDF, car cette scission leur ferait perdre deux sièges à la Chambre, au moment où le MR veut s'imposer comme première force politique en Wallonie. Quant au cdH et au PS, je sûr qu'ils sont plus conciliants sur le terrain communautaire car, pour eux, au niveau fédéral, le plus important, c'est la solidarité et le socio-économique. Scinder BHV sera plus facile pour Joëlle Milquet que pour Olivier Maingain. Quant à l'élargissement de Bruxelles (revendiqué notamment par le FDF - ndlr), je constate qu'il est devenu un symbole brandi avec autant d'exagération que ces Flamands qui veulent toucher à la solidarité et à la Sécurité sociale."

Quel est votre pronostic pour le second paquet de réformes institutionnelles?
"J'ai peu de confiance en la méthode et en l'agenda choisi par les cinq partis de la future majorité. Pour moi, le plus important, c'est que le pays retrouve sa stabilité. A l'avenir, il faudrait que les élections fédérales se tiennent en même temps que les régionales. Cela offrirait un climat politique plus serein pour ouvrir de vraies négociations."

Quelles chances donnez-vous à Leterme Ier?
"Le pays mérite d'être enfin gouverné avec stabilité. J'espère donc que, 9 mois après les élections, le pays verra enfin naître un vrai gouvernement. Mais ce sera un bébé assez moche et peu joyeux. J'espère qu'Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx et Paul Magnette pourront lui donner un ton un peu plus rouge. Nous les soutiendrons mais sans optimisme. Si les membres de ce gouvernement parviennent à sortir de leur syndrome de Stockholm - ils sont condamnés à rester attachés l'un à l'autre -, ils tiendront peut-être jusqu'en 2009. Sinon, ils ne passeront pas l'été."

Qu'est-ce que le gouvernement Leterme ne réalisera pas mais que vous jugez pourtant essentiel?
"Il ne mettra pas fin aux abus liés aux intérêts notionnels (un mécanisme fiscal censé favoriser les investissements des entreprises - ndlr) qui offre deux milliards de cadeaux aux entreprises. Dans le même temps, le futur gouvernement ne cherchera pas à fixer des prix maximums à la consommation et ne débloquera pas d'argent pour augmenter les allocations familiales et les pensions. A un moment où beaucoup de gens vivent des moments difficiles, je trouve incroyable que ce système fiscal tienne encore la route. En fait, tout indique que Leterme Ier ne posera pas de choix socio-économiques clairs et concrets. C'est pitoyable."