FRANCOIS ROBERT , mercredi 14 octobre 2009

Lundi noir à Schaerbeek sur le front de la mobilité.
L'opposition PS dénonce l'absence de coordination des chantiers et le manque de réactivité de la commune. Les habitants sont excédés par les bouchons à répétition. 

Lundi noir à Schaerbeek sur le front de la mobilité.
De la frontière everoise à la rue Royale, la grande commune du nord-est a connu une paralysie mémorable. Des milliers de véhicules se sont retrouvés bloqués durant deux voire trois heures et de nombreux automobilistes, excédés, ont tout simplement abandonné leurs véhicules. Mardi matin à l'heure de pointe, la situation était encore tendue. Les jours qui viennent risquent également d'être difficiles, même si plusieurs feux de signalisation qui avaient eu la mauvaise idée de tomber en panne ce week-end, sont rétablis.

Schaerbeek est traversée par plusieurs axes essentiels de circulation. L'absence de métro et des aménagements récents créant des goulets d'étranglement (destinés à décourager l'usage de la voiture) accentuent en surface les effets de contagion. Au moindre problème (accident, panne des feux, etc.), les files se forment, tentaculaires. Et quand une série de travaux se combinent aux difficultés quotidiennes, c'est la saturation. Trams, bus, voitures, tout s'englue en une masse compacte et figée à l'arrêt.

Les causes du grand embouteillage de lundi sont identifiables. Pas moins de huit chantiers sont en cours ou débutent : rue Gallait (Stib), place Stephenson (accès bloqué), boulevard Lambermont/Léopold III, avenue Plasky, aménagement Villo square Riga, la Stib encore au Lambermont à hauteur de l'avenue Demolder, Stib toujours chaussée de Helmet fermée pour un mois (la Stib remplace les klinkers défaillants par de l'asphalte) et un chantier plus modeste rue Wauters. sans compter la rue Rogier partiellement fermée (un test peu concluant). N'en jetons plus.

« Je n'ai jamais vu ça, nous déclare une habitante la colère dans les yeux. C'est du délire. Comment peut-on accepter que tous ces chantiers se déroulent en même temps ? Pourquoi a-t-on organisé des déviations qui font converger les automobilistes vers la chaussée de Haecht, totalement encombrée et saturée. Les gens sont excédés. Que cherche la commune ? Dégoûter les Schaerbeekois de prendre la voiture ? Elle est surtout en train de dégoûter les habitants tout court ».

La saturation était-elle prévisible ? Christine Smeysters, l'échevine de la Mobilité que nous avons contactée hier après-midi, s'est contentée de nous déclarer : « Je viens d'être mise au courant. La journée d'hier a été difficile ». Au cabinet de l'échevine, on précise deux choses : « La commune n'est pas responsable des chantiers régionaux et de la Stib. D'autre part, la coordination n'est pas évidente lorsque les chantiers se multiplient. La malchance s'est mise de la partie (les feux en panne) ». Et d'ajouter : « Certains travaux ont débuté cet été. D'autres doivent impérativement être terminés avant les gelées d'hiver ». La fin de la semaine (le vendredi est jour de marché) pourrait encore saturer un peu plus les artères se jetant dans la rue Royale.

Dans l'opposition PS, on dénonce l'incohérence de la politique communale en matière de mobilité. « Il y a des réunions de coordination des travaux. A quoi servent-elles ? se demande Jean-Pierre Van Gorp (PS). Il est urgent de faire sauter certains verrous pour fluidifier la circulation. Ce n'est pas le trafic de transit qui est pénalisé. Ce sont les Schaerbeekois ».